L'INDIVIDU-CHEVAL

 

 

 

    C’est quoi un cheval pour vous ?

 

 

 

 

                 Si vous arrivez à voir autre chose qu’un animal sur lequel on monte pour avoir des sensations fortes, galoper, sauter, ou pour aller simplement se promener sur une plage ou dans la forêt, si au-delà du corps puissant qui va vous porter vous parvenez également à saisir l’être vivant qui vous accompagne pour partager un moment agréable, vous êtes sur la bonne voie.


               Mais si en plus, vous décelez sa personnalité toute particulière, ses émotions intériorisées ou ses sentiments cachés, alors c’est bon signe, une porte s’est ouverte pour vous. Et si de surcroît, vous parvenez à lire dans la page mystérieuse et secrète de son regard, journal intime s’il en est, alors le royaume des chevaux vous a largement ouvert ses portes. Il vous reste simplement à découvrir l’usage de toutes les clés dont vous détenez déjà le trousseau.

 

 

                                                                                                              

 

 

                    Si l'on maîtrise parfaitement les notions relatives aux besoins physiques et à l'utilisation du corps du cheval, qu'en est-il réellement de celui qui se trouve à l'intérieur de ce corps, du personnage, de l'être vivant?


             Que sait-on réellement de lui? Et que savons-nous de ses sentiments, de ses émotions, de ses capacités intellectuelles, de ses pensées, de sa réflexion, de ses capacités d'analyse, de ses facultés d'imagination et de proposition ou de son humour?


             Et qu'en est-il de son caractère , souvent volontairement brisé, ou de son tempérament parfois méprisé, ou de sa personnalité si souvent étouffée, ou encore de ses idées et de ses désirs, peut-être bien légitimes comme chez tout être vivant?


             N'a-t-on pas fini par oublier de voir le cheval en tant qu'être vivant, donc sensible et pensant? Les pratiques actuelles n'ont-elles pas confinées le cheval dans un rôle d'objet de plaisir, de support à des activités de loisirs, à consommer sans modération?

 



              A travers ce blog, vous allez pouvoir dépasser ce que l’équitation traditionnelle transmet depuis si longtemps déjà de manière immuable. Vous allez avoir la possibilité de franchir une nouvelle porte dont vous allez découvrir la clé, une porte qui invite à entrer dans lunivers du cheval, vers peut-être ce qu’il y a de plus caché en lui ou plutôt vers ce que l’humain a préféré ignoré au cours des siècles, par nécessité autrefois, par habitude et confort aujourd'hui.

 

            Bienvenue dans la sphère intérieure des chevaux, au plus près d’eux-mêmes, de leurs sentiments, de leurs émotions. Acceptez ce voyage au fond de leurs yeux, au plus profond de leur être. Découvrez cette flamme que trop souvent on étouffe car on préfère n’utiliser que leur puissance et leurs muscles. Acceptez de vous ouvrir à leur univers, de les regarder, mais aussi de les écouter sincèrement. Parions que vous serez surpris !

Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 15:22

 


Tu as tiré les chars antiques

Fendu les lignes ennemis

Aidé à gagné de furieux combats

Porté nos généraux en triomphe

Grâce à toi, nous avons remporté tant de batailles


Tu as porté des chevaliers

Traversé des dizaines de pays

Combattu nos ennemis de partout

Souffert sur tous nos champs de bataille

Grâce à toi, nous avons défendu tant de causes


Tu as tiré nos canons

Participé à nos combats

Souffert à nos côtés

Rougi le sol de ton sang

Grâce à toi, nous avons repoussé tant d’envahisseurs


Tu as tiré la lourde charrue

Tracé des milliers de sillons

Fendu profondément la terre nourricière

Ramené précieusement les fruits de nos récoltes

Grâce à toi, nous avons pu mieux nourrir nos familles



Tu as tiré nos fardeaux

Déplacé des milliers de charges

T’arc-boutant sur le collier

Supportant silencieusement coups et contraintes

Grâce à toi, nous avons développé nos économies


Tu as tiré nos carrosses royaux

Emporté nos fiacres et calèches

Sillonné tout le territoire par monts et par vaux

Déplacé de milliers d’humains partout et par tous les temps

Grâce à toi, les distances et le temps ont été raccourcis


Et ce n’est pas fini

Ta vocation d’utilité s’est transformée

Aujourd’hui tu participes à nos jeux

Maintenant, ton rôle est de nous satisfaire et de nous amuser

Grâce à toi nous avons développé nos loisirs


On te fait courir sur nos hippodromes…

...mais de plus en plus vite

On te fait sauter sur nos terrains de concours…

...mais de plus en plus haut

On te fait évoluer sur nos carrés de dressage…

...mais avec de plus en plus d’exigences

On te fait participer à des épreuves de cross ou d’endurance…

...mais parfois jusqu’à la limite de tes forces

Grâce à toi, nous pouvons gagner et briller, devenir des champions


On t’utilise aussi pour des corridas…

...mais les yeux bandés, support aveugle

On joue au cowboy avec toi…

...mais on te veux obéissant et muet

On parade en voltige cosaque…

...mais seul ton galop nous intéresse

On te présente empanaché au cirque…

...mais tu n’es qu’un élément de décor

Grâce à toi, nous pouvons jouer et rêver


Toujours et partout,

De l’antiquité à nos jours,

C’est l’homme que tu as porté, aidé, mis en valeur,

Fidèlement, silencieusement, patiemment


Mais pour quelle reconnaissance ?

 

 

Par La Comédie Equestre
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 16:36

Le che



                    Lorsque l'on regarde un cheval, l'évaluation visuelle que l'on va faire de lui concerne principalement son physique. Il s'agit de vérifier si le cheval est bien bâti, s'il ne présente aucune tare ou faiblesse qui nuirait à son usage, s'il a de belles allures et éventuellement un bon coup de saut. Tout au long de ce type d'inspection, c'est essentiellement le corps du cheval qui concentre toute l'attention. La tête et tous les éléments qui composent cette dernière sont considérés comme secondaires et peu importants. Le caractère n'est quant à lui envisagé que lorsque le cheval présente des handicaps comportementaux qui peuvent nuire à l'usage souhaité. En réalité, le cheval idéal est celui qui possède un physique correspondant à la pratique à laquelle il est destiné et qui est gentil.

                   Mais qu'est-ce qu'un cheval gentil? Un cheval gentil est un cheval qui ne va pas embêter son cavalier, qui ne va jamais s'opposer ni résister et qui va se laisser faire sagement et silencieusement. La plupart des chevaux sont gentils et sont d'ailleurs éduqués de manière à le devenir s'ils sont un peu expressifs lorsqu'ils sont jeunes. Ainsi, lorsque vous fréquentez un centre équestre, vous pouvez observer de nombreux chevaux gentils, qui se laissent caresser passivement, que vous pouvez brosser tranquillement sans qu'ils ne bougent et sans jamais qu'ils ne tournent la tête vers vous , et vous trouvez évidemment cela normal. De même, vous pouvez les seller et les brider sans aucun problème et toujours sans aucun regard de leur part, et vous pouvez trouvez encore et toujours cela normal. Puis vous emmenez ces chevaux sur le lieu d'exercice et ils vous suivent docilement, d'autant qu'on vous aura expliqué que pour qu'un cheval vous suive, il ne faut pas non plus que vous le regardiez, sinon il s'arrêterait. Puis, après la séance d'équitation, vous pourrez continuer à vous occuper de ces gentils et sympathiques chevaux, leur doucher les pieds, les brosser, les faire brouter, mais toujours sans croiser réellement leur regard.

                  En fait, vous aurez passé du temps avec un être vivant que vous aurez côtoyé mais avec lequel vous n'aurez réellement rien partagé. Vous l'aurez utilisé, vous vous serez occupé de lui, il s'est gentiment laissé faire car c'est ainsi qu'il a été dressé, mais... qui est cet être vivant, celui-là précisément que vous avez monté? Qu'a-t-il ressenti? Comment a-t-il vécu la séance? Qu'a-t-il pensé de ce qu'on lui a fait faire? A-t-il pris plaisir au travail? S 'est-il ennuyé? A-t-il peut-être eu des difficultés? Lesquelles? Quand? A-t-il eu peur ou mal? Comment a-t-il réagi à vos caresses? Et d'abord, a-t-il réagi à vos caresses ou est-il là aussi resté imperturbable, inerte et impersonnel? Que savez-vous en fait de cet être appelé cheval et que vous avez côtoyé pendant un heure ou deux? Que vous a-t-il révélé de lui-même? Il a été « gentil », oui, on lui a appris à bien se tenir et il est devenu « normal ». Mais est-ce vraiment normal de la part d'un individu vivant de se transformer en objet d'utilité ou de loisir, objet, donc inerte car interdit de pensée personnelle, d'initiative, d'autonomie, d'expression. Eh oui, mais où irait-on si on laissait les chevaux s'exprimer! Ainsi donc, les chevaux apprennent à intérioriser leurs sentiments, leurs émotions et leur personnalité. Ils se referment, se replient sur eux-même et éteignent leur regard qui devient terne et inexpressif. En réalité, ils s'inscrivent aux abonnés absents et tout le monde trouve cela absolument « normal ». Cela permet d'avoir moins de problèmes et contribue à conforter les humains dans l'idée que le cheval est un animal sympathique mais plutôt bête, quoique doté d'une excellente mémoire. Et personne ne s'étonne donc de l'attitude passive de la plupart des chevaux face aux humains, les chevaux réactifs étant d'ailleurs rapidement matés pour rentrer dans le rang.

                    Si vous en avez l'occasion, je vous invite à aller vous promener sur un marché au bestiaux, « rayon chevaux », et à observer non pas les corps mais les têtes, et plus particulièrement les yeux, et à chercher s'il vous est possible de trouver un regard. Des yeux, vous en trouverez des dizaines, plutôt semblables, plutôt éteints, parfois effrayés, souvent perdus. Avec un peu d'observation et d'attention, vous trouverez des choses dans ces yeux: de la tristesse, de la résignation, de la soumission, de la peur ou de la douleur parfois. Puis, essayez de croiser un regard de cheval. Vous vous rendrez vite compte de la rareté et de la fugacité d'un regard. Ces chevaux-là sont absents, rentrés en eux-mêmes pour se protéger et supporter des situations psychologiques difficiles. Ils offrent leur corps, ils n'ont pas d'autre choix, mais ils protègent leur âme.

                  Cela peut choquer certaines personnes que je puisse utiliser ce mot d'âme en parlant d'animaux. Mais d'abord, est-il scientifiquement prouvé que les animaux n'ont pas d'âme, et ceci, bien sûr, sans conotation religieuse? Et ensuite, comment résumer l'ensemble des caractéristiques particulières et du potentiel mental et psychique particulier d'un individu qui constituent toute sa personnalité propre à lui-même, bien individualisée de celle des autres, avec des pensées précises, de la réflexion, des capacités d'initiatives, de raisonnement, des émotions, des sentiments, etc...? Ce n'est pas parce que les humains ont choisi d'éteindre les chevaux par commodités que les chevaux sont effectivement des animaux éteints.

                   Et l'utilisation du mot âme pour les chevaux n'appelle pas non plus à l'anthropomorphisme. Il ne s'agit en aucun cas d'assimiler le cheval à un humain. Il est cependant raisonnable et utile de s'interroger sur le nombre importants de points communs qui sont ceux de nombreux êtres vivants, tels que la consitution physique et biologique avec un sang rouge quelques soient les espèces, mais aussi des émotions communes (joie, peur, attachement, orgueil, jaousie,etc...) et des ressentis identiques notamment en matière de douleur et de souffrance.

                    Et pour en finir avec l'âme, n'oublions pas que pendant longtemps, il était communément admis que les femmes en étaient dépourvues, et rappelons nous aussi que jusqu'au 19ème siècle, les personnes de couleurs était considérées comme de race inférieure, des « créatures humaines » reléguées au rang de l'animal et traitées comme tel. L'âme, c'est la vie, cette étincelle qui existe au coeur de tout ce qui vit, étincelle que les humains étouffent et choisissent d'ignorer en ce qui concerne bon nombre d'animaux, dont évidemment les chevaux.

                  Un cheval normal est en réalité celui qui a été préservé, qui n'a pas été formaté. C'est un individu vivant, éveillé, au regard pétillant, franc et intéressé, exprimant ses pensées, capable d'utiliser de nombreuses facultés intellectuelles qu'il possède, apte à la communication, doté d'humour et d'imagination, exprimant ses émotions et ses affections. Un cheval normal est un être vivant qui a été respecté en tant qu'individu, éduqué mais non « dressé ». Rare mais à découvrir!

 

Par La Comédie Equestre
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 15:30
            
             Et oui, cela est un véritale problème pour nombre de propriétaires lorsque leur monture devient inapte au service, impropre à la monte pour des raisons très diverses: vieillesse, douleurs, accident, boiterie chronique, etc.... Que faire avec ce cheval qui devient alors souvent une charge, dont on ne voit plus que le coût que l'on finit par considérer comme inutile. Dans la plupart des cas, la décision est prise de se débarrasser de l'animal devenu trop encombrant et trop onéreux.

              Cette attitude si fréquente est considérée comme logique et normale: autant il est compréhensible de supporter la charge d'un cheval montable car c'est le prix du loisir et de la pratique équestre, autant il semble anormal de consacrer une somme équivalente à l'entretien sans contrepartie d'un animal inutilisable. Bien souvent, l'être vivant cheval n'intéresse pas vraiment, c'est essentiellement le plaisir qu'il procure qui séduit, et le cheval se retrouve ainsi délaissé et "jeté" après usage.

            Et pourtant, des possibilités existent qui permettent de partager encore de bons moment avec ce cheval sans forcément monter sur son dos. Evidemment, il est nécessaire de modifier totalement sa vision du cheval et d'apprendre à le voir non plus comme un support aux sports équestres, mais comme un compagnon avec lequel d'autres pratiques ludiques sont possibles.
 
           A la Comédie Equestre, nous ne montons plus les chevaux tant les activités non cavalières que nous pratiquons avec eux sont passionnantes et prenantes. Nous évoluons avec des chevaux qui développent tellement leur personnalité que les monter ne nous parait plus être une priorité. Nous retrouvons chaque jour des individus sympathiques et éveillés, heureux de partager des activités nouvelles avec nous.

            Nous disposons d'une cinquantaine d'exercices d'éducation du cheval à la voix, de difficultés progressives, qui nous permettent d'établir les bases d'un fonctionnement complice entre les chevaux et nous. Ces exercices pratiqués à pied peuvent être déclinés sous la forme de "reprises de dressage" de différents niveaux. Ils nous permettent d'aborder également des manipulations d'objets mais aussi des parcours de "suivi" puis de l'"agility". Le "théâtre équestre" avec des numéros originaux, ou la "danse", offrent aussi des possibilités infinies.

           Toutes ces pratiques non cavalières sont encore bien peu répandues, mais elles existent et sont adaptables à tous les chevaux quels qu'lls soient. Elles sont peu connues mais néanmoins passionnantes. Elles présentent aussi l'avantage d'offrir de réelles possibilités de reconversion aux chevaux devenus inaptes aux sports équestres traditionnels.
A découvrir et à consommer sans modération!
 
Par La Comédie Equestre
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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 22:24


 

                Un cheval a-t-il des droits? En tant qu'être vivant, bien sûr! Mais c'est un être vivant tenu en captivité et entièrement dépendant des humains. Ces derniers doivent donc lui assurer la couverture de tous ses besoins physiologiques et physiques: abri, nourriture, eau, soins du corps (pansage, soins des pieds et des dents), vermifugation, vaccination, etc...

 

               Que sait-on aujourd'hui sur le cheval vivant en captivité ? Le cheval a beaucoup été étudié par les éthologues qui l'on onservé dans son milieu naturel, à l'état sauvage et en troupeau et qui ont pu expliquer son fonctionnement.

 

               Mais a-t-on réellement étudié et observé le cheval en captivité, celui dont la vie ne correspond plus du tout à celle de ses ancêtres sauvages, et qui développe des schémas mentaux très particuliers, liés à la nécessité d'adaptation à des conditions de détention et d'utilisation qui doivent avant tout satisfaire les humains ?

 

              Et puis, le cheval est un être vivant qui est bien plus qu'un seul corps à entretenir: c'est aussi un individu doté de capacités mentales et intellectuelles (pensées, observation, analyse, imagination, compréhension, mémoire, etc...), de sentiments et d'émotions, d'un caractère qui lui est propre, d'une personnalité bien déterminée, mais aussi de désirs qu'il souhaite exprimer à sa façon.

 

               Que sait-on réellement aujourd'hui de l'individu-cheval ? Connait-on réellement ses pensées, ses seniments et ses émotions ? Et se préoccupe-t-on de l'épanouissement de sa personnalité ? Et l'autorise-t-on à exprimer des désirs personnels? Un cheval a-t-il le choix de décider de ce qui le concerne ? A-t-il le droit d'exprimer un désaccord ?

 

              La fonction imposée par les humains au cheval est d'être monté : c'est une fonction totalement anti-naturelle: dans la nature, aucun cheval ne porte quelque chose ou quelqu'un sur son dos. L'humain ne lui demande pas son avis, le cheval DOIT se soumettre, et pour cela, les moyens utilisés peuvent être très brutaux. La contrainte est omniprésente dans toutes les pratiques, même si elle est totalement banalisée (éperons, cravache, embouchures, enrênnements, guêtres spéciales...)

 

             Un cheval qui exprime un désir ou une volonté personnelle est immédiatement châtié : un cheval qui refuse de partir en promenade ou qui s'arrête devant des barres d'obstacle est généralement puni à coup d'éperons, de cravache ou de chambrière. La force et les coups sont non seulement tolérés, mais encore considérés comme « normaux »: c'est ainsi qu'il faut s'y prendre avec un cheval récalcitrant car l'homme doit toujours être le maître.

 

            Est-ce réellement « normal » ? Et jusqu'à quel point ? Certains moyens de coercition, même à très haut niveau, sont cruels voire proches de la barbarie. Ils sont connus, choquants, mais tus. La loi du silence fonctionne remarquablement bien. Elle est largement justifiée par l'absence de pratiques alternatives pour obtenir l'obéissance du cheval. De plus, le cheval et les pratiques équestres ont généré une filière économique du cheval qui vit largement de son exploitation et fait énergiquement obstacle à toute remise en cause éthique, celle-ci risquant de nuire aux profits escomptés.

 

             Un enfant qui commence à monter à poney ou à cheval va faire l'acquisition d'une bombe pour protéger sa tête en cas de chute. Son deuxième achat sera une cravache, car dans tous les poneys-clubs ou centres équestres, les enfants apprennent que lorsqu'un poney ou un cheval ne veut pas avancer ou tourner, il faut imposer son autorité à coups de cravache. Cet enseignement ne dérange personne, (sauf certainement les poneys ou les chevaux) et tout le monde considère cette pratique basique comme « normale ». Mais est-ce vraiment « normal » de frapper un cheval pour obtenir son obéissance? Et faut-il continuer à accepter cela ?

 

            Et la vie des chevaux de club, est-elle normale? Tourner en rond pendant des heures et des heures, supporter des dizaines de personnes sur son dos, encaisser des centaines de maladresses, notamment au niveau de la bouche sur laquelle se répercutent toutes les actions de main déficientes, et pour la plupart, finir à la boucherie, est-ce normal?

 

           Il n'est qu'à lire sur les forums consacrés aux chevaux et à l'équitation, les questions que se posent les gens au sujet des chevaux qui résistent ou refusent quelque chose, pour s'apercevoir des lacunes de l'enseignement de l'équitation qui ne reconnaît aucun droit au cheval. Et les internautes de tenter de proposer des méthodes à essayer, sans jamais accorder d'autre droit au cheval que celui de se soumettre, échouant lamentablement dans les tentatives de compréhension des refus du cheval, car toute son utilisation est à sens unique. L'équitation n'offre qu'une seule voie: la satisfaction du cavalier et, pour cela, l'obligation qui lui est faite de parvenir à soumettre sa monture.

 

           Toutes les difficultés que les chevaux peuvent poser à leur cavalier témoignent bien du fait qu'un cheval n'est pas un objet inerte, mais bien un individu qui tente malgré tout d'exprimer ses désirs ou son inconfort. Cela est très déstabilisant pour les cavaliers, mais ne serait-il pas temps d'accepter de voir le cheval autrement ? Et de commencer enfin à faire évoluer les pratiques équestres ?

 

           Autant il est normal d'éduquer un cheval, c'est-à-dire de lui enseigner les bonnes manières, autant il n'est pas normal d'user de violences et de brutalités pour le soumettre de force, pour le réduire à un statut d'animal-objet, support aux activités sportives ou de loisirs, objet animé destiné à satisfaire les humains.

 

         Les sports équestres sont les nouveaux jeux du cirque; ils sont loisirs donc amusement, mais en utilisant et en soumettant un être vivant. Celui-ci est un cheval, rien qu'un cheval , mais un cheval n'aurait-t-il pas droit lui aussi au respect?

 

Par La Comédie Equestre - Communauté : Un autre regard sur le cheval.
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 22:26

 

                  Pour pouvoir travailler efficacement avec un cheval, celui-ci doit être réceptif et éveillé, ce qui n'est pas toujours le cas de tous les chevaux. En effet, le dressage classique auquel sont soumis la plupart des chevaux a pour objectif de les soumettre et de les rendre passifs, c'est-à-dire obéissants sans discuter à ce que l'humain veut qu'ils fassent. Un cheval doit devenir docile et « gentil », c'est-à-dire qu'il ne doit, si possible, ne poser aucun problème. Cette manière de procéder, si elle a effectivement comme avantage de produire des montures commodément utilisables, a cependant comme inconvénient majeur de verrouiller le mental des chevaux. Ceux-ci sont formatés et on leur apprend a ne plus penser et à intérioriser leurs sentiments et leurs émotions dont on ne veut rien savoir.

 

                     C'est pourquoi aujourd'hui, un certain nombre de cavaliers qui souhaiteraient aller au-delà de la simple équitation avec leur cheval et développer une relation d'amitié plus étroite avec eux, se trouvent confrontés à ce problème du cheval inerte et passif que rien ne peut réellement atteindre. Pour ces chevaux-là, avant de pouvoir partager des moments de complicité, un travail préalable est nécessaire. Il faut réapprendre au cheval a faire fonctionner son cerveau normalement, comme avant le « formatage ». Cela n'est pas toujours évident, car le façonnage du cerveau du cheval a correspondu à ses premiers rapports de travail avec l'humain, et le cheval s'est forgé une image de l'humain, pas forcément sympathique, intéressante ou attirante pour lui, image qu'il entretient depuis et qu'il va désormais falloir modifier. Plus un cheval a été bien « dressé », plus il a acquis d'automatismes de fonctionnement, et plus il est sur la réserve par rapport à l'humain. C'est du degré de conditionnement du cheval que va dépendre le temps qu'il faudra pour « récupérer » son mental. Le cheval doit complètement modifier l'image qu'il a de l'humain, apprendre à s'ouvrir, à se livrer, à s'exprimer, ce qui est totalement nouveau pour lui. Il va falloir lui demander de s'autoriser à avoir des comportements nouveaux et très simples, mais qui lui ont été interdits précédemment.

 

                Le travail de l'humain consiste alors à créer un lien avec le cheval. Pour cela, l'équitation traditionnelle n'a rien de vraiment précis à proposer, c'est un secteur encore en friche qui demande à être développé. Créer un lien consiste à établir une relation d'échange entre deux individus, l'humain et le cheval. Le cheval, vivant dans un environnement organisé par l'homme, est donc forcément dépendant des conditions qui lui sont imposées. C'est donc bien à l'humain d'ouvrir le dialogue, de se présenter, de se faire apprécier, et d'offrir une ouverture au cheval afin qu'il puisse lui aussi s'exprimer, participer et proposer. Cela se travaille au quotidien, au pré, au box, lors des petits gestes du pansage, mais aussi à cheval. C'est un ensemble complexe, fruit de l'assemblage d'éléments aussi divers que variés, tels que l'écoute, l'observation, des messages envoyés et reçus, des demandes, des sollicitations, des propositions mutuelles, mais aussi de la remise en cause, de la patience et de l'imagination. Avec certains chevaux, cela peut parfois demander beaucoup de temps, mais lorsque enfin le déclic libérateur se produit, quel plaisir de découvrir enfin ce qu'est un cheval qui dévoile sa propre personnalité, qui s'exprime, vous attend, vous accueille, vous regarde, vous suit, s'attache à vous et échange avec vous de manière exclusive et privilégiée

 

Par La Comédie Equestre - Communauté : Un autre regard sur le cheval.
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