Partager l'article ! Et si on se posait quelques questions ?: &nbs ...
Un cheval a-t-il des droits? En tant qu'être vivant, bien sûr! Mais c'est un être vivant tenu en captivité et entièrement dépendant des humains. Ces derniers doivent donc lui assurer la couverture de tous ses besoins physiologiques et physiques: abri, nourriture, eau, soins du corps (pansage, soins des pieds et des dents), vermifugation, vaccination, etc...
Que sait-on aujourd'hui sur le cheval vivant en captivité ? Le cheval a beaucoup été étudié par les éthologues qui l'on onservé dans son milieu naturel, à l'état sauvage et en troupeau et qui ont pu expliquer son fonctionnement.
Mais a-t-on réellement étudié et observé le cheval en captivité, celui dont la vie ne correspond plus du tout à celle de ses ancêtres sauvages, et qui développe des schémas mentaux très particuliers, liés à la nécessité d'adaptation à des conditions de détention et d'utilisation qui doivent avant tout satisfaire les humains ?
Et puis, le cheval est un être vivant qui est bien plus qu'un seul corps à entretenir: c'est aussi un individu doté de capacités mentales et intellectuelles (pensées, observation, analyse, imagination, compréhension, mémoire, etc...), de sentiments et d'émotions, d'un caractère qui lui est propre, d'une personnalité bien déterminée, mais aussi de désirs qu'il souhaite exprimer à sa façon.
Que sait-on réellement aujourd'hui de l'individu-cheval ? Connait-on réellement ses pensées, ses seniments et ses émotions ? Et se préoccupe-t-on de l'épanouissement de sa personnalité ? Et l'autorise-t-on à exprimer des désirs personnels? Un cheval a-t-il le choix de décider de ce qui le concerne ? A-t-il le droit d'exprimer un désaccord ?
La fonction imposée par les humains au cheval est d'être monté : c'est une fonction totalement anti-naturelle: dans la nature, aucun cheval ne porte quelque chose ou quelqu'un sur son dos. L'humain ne lui demande pas son avis, le cheval DOIT se soumettre, et pour cela, les moyens utilisés peuvent être très brutaux. La contrainte est omniprésente dans toutes les pratiques, même si elle est totalement banalisée (éperons, cravache, embouchures, enrênnements, guêtres spéciales...)
Un cheval qui exprime un désir ou une volonté personnelle est immédiatement châtié : un cheval qui refuse de partir en promenade ou qui s'arrête devant des barres d'obstacle est généralement puni à coup d'éperons, de cravache ou de chambrière. La force et les coups sont non seulement tolérés, mais encore considérés comme « normaux »: c'est ainsi qu'il faut s'y prendre avec un cheval récalcitrant car l'homme doit toujours être le maître.
Est-ce réellement « normal » ? Et jusqu'à quel point ? Certains moyens de coercition, même à très haut niveau, sont cruels voire proches de la barbarie. Ils sont connus, choquants, mais tus. La loi du silence fonctionne remarquablement bien. Elle est largement justifiée par l'absence de pratiques alternatives pour obtenir l'obéissance du cheval. De plus, le cheval et les pratiques équestres ont généré une filière économique du cheval qui vit largement de son exploitation et fait énergiquement obstacle à toute remise en cause éthique, celle-ci risquant de nuire aux profits escomptés.
Un enfant qui commence à monter à poney ou à cheval va faire l'acquisition d'une bombe pour protéger sa tête en cas de chute. Son deuxième achat sera une cravache, car dans tous les poneys-clubs ou centres équestres, les enfants apprennent que lorsqu'un poney ou un cheval ne veut pas avancer ou tourner, il faut imposer son autorité à coups de cravache. Cet enseignement ne dérange personne, (sauf certainement les poneys ou les chevaux) et tout le monde considère cette pratique basique comme « normale ». Mais est-ce vraiment « normal » de frapper un cheval pour obtenir son obéissance? Et faut-il continuer à accepter cela ?
Et la vie des chevaux de club, est-elle normale? Tourner en rond pendant des heures et des heures, supporter des dizaines de personnes sur son dos, encaisser des centaines de maladresses, notamment au niveau de la bouche sur laquelle se répercutent toutes les actions de main déficientes, et pour la plupart, finir à la boucherie, est-ce normal?
Il n'est qu'à lire sur les forums consacrés aux chevaux et à l'équitation, les questions que se posent les gens au sujet des chevaux qui résistent ou refusent quelque chose, pour s'apercevoir des lacunes de l'enseignement de l'équitation qui ne reconnaît aucun droit au cheval. Et les internautes de tenter de proposer des méthodes à essayer, sans jamais accorder d'autre droit au cheval que celui de se soumettre, échouant lamentablement dans les tentatives de compréhension des refus du cheval, car toute son utilisation est à sens unique. L'équitation n'offre qu'une seule voie: la satisfaction du cavalier et, pour cela, l'obligation qui lui est faite de parvenir à soumettre sa monture.
Toutes les difficultés que les chevaux peuvent poser à leur cavalier témoignent bien du fait qu'un cheval n'est pas un objet inerte, mais bien un individu qui tente malgré tout d'exprimer ses désirs ou son inconfort. Cela est très déstabilisant pour les cavaliers, mais ne serait-il pas temps d'accepter de voir le cheval autrement ? Et de commencer enfin à faire évoluer les pratiques équestres ?
Autant il est normal d'éduquer un cheval, c'est-à-dire de lui enseigner les bonnes manières, autant il n'est pas normal d'user de violences et de brutalités pour le soumettre de force, pour le réduire à un statut d'animal-objet, support aux activités sportives ou de loisirs, objet animé destiné à satisfaire les humains.
Les sports équestres sont les nouveaux jeux du cirque; ils sont loisirs donc amusement, mais en utilisant et en soumettant un être vivant. Celui-ci est un cheval, rien qu'un cheval , mais un cheval n'aurait-t-il pas droit lui aussi au respect?