Partager l'article ! Utiliser la voix avec le cheval: & ...
La voix représente un moyen de communication privilégié avec le cheval pour peu que l’on respecte certaines règles simples. Cependant, il ne faut pas simplement parler pour parler : pour être efficace, la voix doit avoir un impact sur le cheval. Il faut donc attentivement observer le cheval pendant qu’on lui parle afin d’adapter nos propositions orales et verbales aux réactions du cheval.
Pour qu’un réel dialogue s’installe, il faut à la fois en percevoir les répercussions sur le cheval et à la fois être capable de répondre à nouveau aux réactions que nous avons sollicitées.
Voici les principaux éléments à maîtriser :
- le ton de voix doit être agréable, franc, mélodieux, et exprimer la gentillesse et l’amitié : il faut éviter toute autorité et toute agressivité dans la voix qui sont absolument inutiles avec un cheval. Il faut s’entraîner à acquérir un ton de voix plaisant et sympathique qui dispose le cheval positivement au travail, qui lui donne envie de partager du temps avec l’humain.
- la mélodie détermine l’ambiance de travail ; la voix va accompagner le cheval comme une musique et c’est donc l’humain qui crée une atmosphère particulière et conditionne le cheval grâce à la mélodie de sa voix. Il va ainsi générer le dynamisme, la participation, l’intérêt, la concentration mais aussi le plaisir du travail chez le cheval qui se livre alors sans réserve.
- la douceur permet d’obtenir la confiance : le cheval ne doit jamais se sentir agressé mais au contraire, il doit se sentir soutenu et aidé pour s’ouvrir et se dévoiler de plus en plus, ce que nous obtenons par une douceur permanente. Attention : douceur ne signifie pas faiblesse et même dans la fermeté, on peut agir de manière très douce. Ce sont des nuances qui prennent ici tout leur sens.
- la voix doit exprimer de la puissance et de la force : l’humain est toujours le chef, c’est lui qui décide et non pas le cheval mais il demande de manière calme et tranquille, paisible et bienveillante, sans jamais s’énerver ni hausser le ton exagérément. Attention, puissance ne signifie pas cri. Il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme.
- l’intensité sonore doit être adaptée au cheval et au travail effectué : il n’est pas nécessaire de parler fort, ni de crier avec un cheval. En principe, il a une excellente ouïe et perçoit beaucoup plus de choses de nous. S’il semble ne pas entendre, c’est qu’il n’est pas attentif. C’est donc un problème de concentration qui ne se résout pas en criant, mais en variant le travail et en entretenant une continuité de demandes diverses et rapprochées qui vont ainsi retenir et fixer l’attention du cheval, mais toujours sans crier.
- le vocabulaire doit être précis et maîtrisé : cela est incontournable pour obtenir les bonnes réponses de la part du cheval. Cela paraît évident, pourtant bon nombre d’humains ne se rendent pas compte qu’ils utilisent inconsidérément de nombreux mots erronés aux mauvais moments, c’est-à-dire justement pendant les demandes d’exercices.
- les intonations expriment les encouragements et la satisfaction mais aussi valorisent le cheval dans ce qu’il est et dans ce qu’il fait : elles sont primordiales dans le travail dans la mesure où elles encouragent le cheval d’une manière positive. Ce sont elles qui lui donnent l’envie de travailler, de se livrer, de donner beaucoup et encore plus à l’humain qui l’accompagne. Les intonations vont aussi avoir un effet important sur l’expression de sa personnalité et sur sa prise de conscience de lui-même. Elles vont lui donner de la confiance en lui et lui permettre de s’affirmer davantage, mais toujours de manière positive.
- l’expression de nos sentiments, satisfaction, joie, affection, tendresse, amour : c’est volontairement que je ne cite que des sentiments positifs car ce sont eux seuls qui doivent être exprimés au cheval. Ce sont des sentiments qui provoquent des réactions de retour positives de la part du cheval mais aussi qui le conditionnent à essayer de toujours reproduire chez l’humain les mêmes comportements. Le cheval est très content lorsque l’humain qui le dirige est satisfait de lui et de son travail. Cela le rend heureux et il va toujours chercher à reproduire chez l’humain qui l’accompagne ces mêmes situations de bonheur. Lorsqu’il a compris qu’un travail bien effectué provoque ce type de sentiment chez l’humain, il va tout naturellement poursuivre dans le même sens.
- la permanence de la voix est indispensable pour ne jamais laisser le cheval tout seul : la voix est comme un fil conducteur qui soutient le cheval et le relie à son humain. Mais parfois, celui-ci oublie son cheval car il est préoccupé par la manière de demander un exercice et réfléchit sur ce qu’il doit faire. Pendant ce temps-là, le cheval ne comprend pas forcément ce qui se passe car le fil est alors rompu. Cela ne veut pas forcément dire qu’il faut parler tout le temps, le regard et la position jouent également un rôle dans le silence d’une réflexion. Il y a donc aussi d’autres relais qu’il faut apprendre à utiliser.
Vous l’aurez certainement compris, travailler efficacement un cheval à la voix revient tout d’abord à effectuer des efforts extrêmement rigoureux sur soi-même, efforts qui sont préalables aux excellents résultats que l’on va obtenir par la suite. Il faut donc commencer par se connaître soi-même, s’observer, se découvrir et se rectifier.